lundi 23 mai 2011

Spécial Cannes : La Palme d'Or

Et la Palme d'Or du 64e Festival de Cannes est attribuée à, roulement de tambour..."The Tree of life" de Terrence Mallick :
Avec : Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain.
Durée : 148 minutes
Date de sortie en Belgique : 25 mai 2011

The Tree of life

Synopsis:

Dans les années 50, Jack grandit entre un père autoritaire, obsédé par la réussite de ses enfants et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l’oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, et à affronter les colères de son  père, obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu’au jour où un tragique événement vient perturber cet équilibre fragile.  



 

Bill Pohlad, le producteur du fil reçoit le prix pour Terrence Mallick, grand absent de la soirée.

La critique

"Épopée cosmique", "Symphonie musicale en plusieurs mouvements" , "Immensité de l'univers des origines de la vie à travers méandres tortueusement humains de la vie d'une famille simple"...Voilà le type d'expressions imagées et dithyrambiques qui parsèment les critiques presse. Ce film est il est vrai "cosmique", je ne m'attendais pas à ce que cette expression soit prise dans son sens littéral : les images du cosmos, big bang, dinosaures et autres grands évènements annonciateurs de la naissance de notre monde font en fait partie intégrale du film. Ce fut je le crois, une réelle surprise pour moi et pour les autres spectateurs de la salle, qui ne s'attendant pas à voir des images dignes de la "National Geographic Channel", se sont dirigés vers la sortie en grand nombre, avant même la fin de la première heure. 
Ces images étaient pourtant très belles, empreintes de mysticisme et de spiritualité, mais elles étaient en général trop longues, et trop nombreuses, ce qui a  pu en dérouter plus d'un.
Passé la première existentielle du film, on se plonge dans le quotidien d'une famille moyenne des années 1950. Le père est bourru, la mère est douce, et on suit ce jeune garçon, comme tant d'autres, qui apprend la vie. Fondamentalement, il ne se passe rien. Intrinsèquement, on suit le tracé de ce jeune garçon, devenu homme et de sa route vers sa rédemption, Sean Penn ( en fait très peu présent dans le film), incarne de manière désincarnée cet homme perdu, qui recherche un sens à sa vie à travers les souvenirs de son enfance. Jessica Chastain est il est vrai, pleine de grâce et aérienne, elle incarne une mère aimante et effacée devant son mari. Ce rôle, lui sied à merveille. Brad Pitt est lui très juste dans le rôle du père qui élève ses gamins à la dure, mais qui au fond est un grand sensible, plein de regret. La profondeur des personnages est parfois mise contradiction avec des scènes et des plans trop long du paysage. Je suis pour ma part ressorti de là avec un sentiment mitigé. En gros joli, c'est vrai, mais il manque quelque chose pour réellement transcender. Peut-être une demi-heure en moins?

Tema: les réalisateurs rares
Ils sont talentueux, mais se font aussi rare à l'écran que la comète de Halley, petit coup d'œil de quelques grands cinéastes qui privilégient la qualité à la quantité:



 


Né dans l’Illinois, Terrence Malick a grandi au Texas et dans l’Oklahoma. Diplômé de Harvard en 1966, il a aussi suivi un cycle d’études à Oxford grâce à une bourse. Il travaille ensuite pour les magazines Life et The New Yorker, et enseigne au MIT avant d’intégrer l’American Film Institute. Il a réalisé "La Balade Sauvage, Les Moissons du Ciel, La Ligne Rouge, Le Nouveau Monde et The Tree of life". Il vient de remporter la Palme d'Or au festival de Cannes 2011et vient d’achever le tournage d’un film encore sans titre, provisoirement intitulé Untitled Love Story 1.


James Gray: un film tout les 5 ans

  two lovers 2.
Lauréat du Lion d'argent à Venise et du Prix de la critique à Deauville, son premier long-métrage, "Little Odessa" (1995).James Gray a pourtant dû prendre son mal en patience pour gagner la confiance des producteurs. Son second film, "The Yards"  ne sortit ainsi qu'en 2000, puis "La Nuit nous appartient" sept ans plus tard et "Two Lovers"2 dans la foulée l'année d'après. Avec seulement quatre films en 13 ans, le cinéaste américain réussit pourtant à s'imposer parmi les plus grands réalisateurs et se retrouva même membre du jury lors du festival de Cannes 2009. Je trouve que James Gray est un réalisateur très talentueux: ses films qui ont pour toîle de fonds les milieux de la maffia ou des immigrés de New-York, sont toujours teinté d'une ambiance particulière, sombre et éclectique. Des classiques à voir pour les fans de la Grosse Pomme.

Sofia Coppola : un film tout les 4 ans
 



Ici accompagnée de Kirsten Dunst l'héroïne de "Marie-Antoinette" (2005).

Sofia se fait la main sur un court-métrage, "Lick the Star". S'ensuivront quatre films en 11 ans autour du même sujet : la quête d'identité et la vacuité de la vie. "Virgin Suicides" (2000), présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, "Lost in Translation" (2004) et "Marie-Antoinette" (2006) furent tous les trois salués par la critique, avant que "Somewhere" (2011), pourtant lauréat du Lion d'or à Venise, lui vaille ses premiers commentaires négatifs.Pour ma part, cette cinéaste est je trouve une des plus talentueuse de sa génération : rendre Bill Murray attirant, où Marie-Antoinette sympathique relève de l'exploit.


Stanley Kubrick: le génie rare.




Le premier long-métrage de Stanley Kubrick, Fear and Desire, sort en 1953. Deux autres films suivent rapidement avant la sortie "des Sentiers de la gloire" en 1957, son premier grand succès. Après "Spartacus" (1961), le cinéaste s'éloigne d'Hollywood pour s'installer en Angleterre d'où il sort "Lolita", puis "Docteur Folamour". Deux films risqués, mais encensés qui lui permettent ensuite de prendre tout son temps pour réaliser des oeuvres aujourd'hui devenues cultes : "2001, L'Odyssée de l'espace" (1968), "Orange Mécanique" (1971), "Barry Lyndon" (1975), "Shining"  (1980), "Full Metal Jacket" (1987) et enfin "Eyes Wide Shut" (1998). En 46 ans de carrière, il n'aura ainsi tourné que treize films, mais quels films !
2. Source : Le soir/Mad journal. 




















































































jeudi 19 mai 2011

Spécial Cannes : Le cinéma belge à l'honneur


Deux Belges à Cannes


Le festival est cette année présidé par Robert DeNiro. Cannes.Fr

A cannes en 2005. Cinetelerevue.be


Le 11 mai 2011, s'est ouvert l'un des festivals les plus célèbres et les plus glamour du monde du cinéma : le festival de Cannes. Cette année encore les belges font la part belle au festival: les frères Dardenne y ont présenté "Le gamin aux vélo", d'autre part Bouli Lanners et ses "Géants", et "La fée" D'Abel et Gordon seront présenté au public lors du festival parallèle de la "Quinzaine des réalisateurs". Ce sera la  cinquième participation des frères Dardenne à Cannes. Jusqu'ici leurs films ont toujours été primés : de "Rosetta" en 1999 qui reçu la Palme d'Or du festival et le prix d'interprétation féminine (qui révéla Emilie Duquenne), à une 2e Palme d'Or pour "l'Enfant" en 2005, en passant par "Le fils" qui reçu le prix de l'interprétation masculine décernée à Olivier Gourmet, l'un de leur acteur fétiche.
(Source: Le Soir/Mad)

Le gamin au vélo

Réalisé par : Luc et Jean-Pierre Dardenne
Avec : Thomas Doret, Cécile De France
Durée: 87 minutes



actustar.com
Synopsis

Cyril (Thomas Doret) est un jeune garçon en colère : en colère parce que son père l'a abandonné, en colère car il vit dans un centre de jeunes, et surtout en colère parce qu'on lui a pris son vélo. Sur son chemin, il va rencontrer Samantha, une jolie coiffeuse qui va lui retrouver son vélo et lui rendre le goût à la vie.

La critique

Les frères Dardenne ont pour habitude de faire un cinéma parfois sombre et à la limite du documentaire. Or la nouvelle histoire des Seraignois est plutôt racontée comme un conte, celui d'un enfant perdu qui tombe sur une gentille fée, qui va exaucer tout ses vœux secrets. Poésie mise à part, ce film simple met en lumière la violence juvénile, paradoxalement avec une extrême délicatesse : le jeune Thomas Doret ( nouvelle révélation des frères Dardenne) est tout simplement excellent et très juste dans le rôle de cet enfant qui a intériorisé son mal-être pour se protéger du monde extérieur. De son côté Cécile De France a beau y paraître 10 ans de plus que son âge, son personnage de coiffeuse fatiguée, rayonne de bonté à travers tout le film. Rares sont les actrices connues qui ont joué pour les Dardenne, même si Olivier Gourmet y fait une brève apparition et que Jérémy Renier y jouent le temps de quelques scènes le (froid) père démissionnaire. Le film aurait pu être réellement sombre, sans compter le doigté des frères Dardenne pour éclairer le spectateur qui comme Cyril, en ressortira apaisé.

Tema: Le cinéma flamand


Ces dernières années on assiste à l'explosion du cinéma belge francophone sur la scène internationale : de la comédie avec "Les Barons" (2009) du molembeekois Nabil Ben Yadir, en passant par de Joachim Lafosse, et le drame psychologique avec Mr Nobody (2009), "Dikkenek" d'Olivier Van Hoofstad ( joli succès en France)...tout un panel d'œuvre nationales qui ont connu un joli (ou surprenant) succès, hors des frontières du plat pays. D'autres part, la cérémonie des "Magritte du cinéma", inaugurée en février 2011, récompense pour la première fois les œuvres et le travail des professionnels du cinéma belge francophone. Et "Le gamin au vélo" des frères Dardenne, jusqu'à présent salué par la critique, va permettre encore de beaux jours au cinéma du sud du pays...
Mais qu'en est-t-il de nos voisins du nord? Crise politique et gouvernement provisoire, sur gouvernement provisoire a provoqué une espèce de "cassure" entre les deux régions, en est-il autant du point de vue artistique?

En réalité il n'existe pas réellement de cinéma belge, mais un cinéma francophone qui s'exporte et un cinéma flamand qui jusqu'ici à rarement dépassé les frontières du Nord du pays.
En effet, trés peu d'oeuvres s'exportent, même à Bruxelles ou en Wallonie.
Pourtant, les années 2000 ont été  fructueuses pour le cinéma flamand, de nombreuses productions sortent chaque années et fonctionnent très bien dans leurs salles. Déjà pas mal de films ont joui d'un joli succès dans les salles obscures: "Loft1 (1million d'entrées!), De Zaak Alzheimer2...et autant d'autres thrillers “hollywoodiens”, des comédies, romantiques, de films noirs, de drames émouvants…
Les oeuvres flamandes ne se cantonnent pas au cinéma populaire, par exemple "Rundskop (Tête de bœuf)", Un premier film, signé Michaël Roskam, est un polar efficace qui surprend en revendiquant fièrement ses racines et ses dialectes.
On y parle de la mafia des hormones, avec des hommes qui franchissent les frontières linguistiques, et s'expriment dans les patois du Limbourg ou de la région liégeoise.



Or la visibilité des œuvres flamandes est on ne peut plus aléatoire: de passage en ville je regarde les films à l'affiche dans les cinémas du haut de la ville, aucune trace pourtant des gros succès de ce printemps en Flandres.Cela étant car les œuvres flamandes ne sont quasi pas distribuées à Bruxelles et en Wallonie, excepté dans les cinémas Kinepolis.

Pierre Drouot, Patron du Vlaams Audiovisueel Fonds (VAF), en charge de la politique cinématographique du nord du pays, Pierre Drouot a mis en place une redoutable stratégie qui a permis d'exposer et d'établir le cinéma flamand dans ses contrées, car contrairement aux francophones, les Flamands donnent souvent la priorité à leur cinéma :

Le Top 10 du box-office flamand

Comme on peut le voir ci-dessus de 2000 à 2010, le cinéma flamand a accumulé de nombreux succès populaires.

1. Loft (2008), de Erik Van Looy : 1,2 millions.
2. De zaak alzheimer (2003), de Erick Van Looy : 800.000.
3. La merditude des choses (2009), de Felix Van Groeningen : 450.000.
4. Dossier K (2009), de Jan Verheyen : 408.000.
5. Zot van A (2010), de Jan Verheyen : 400.000 (exploitation pas terminée)
6. Team spirit 2 (2003), de Jan Verheyen : 354.000.
7. Team spirit (2000), de Jan Verheyen : 337.000.
8. Ben X (2007), de Nic Balthazar : 315.000.
9. Pauline et Paulette (2000), de Lieven Debrauwer : 252.000
10. Windkracht 10 (2006), de Hans Herbots : 233.000.
(Source: http://www.lesoir.be/culture/cinema/2011-02-02/labellise-belge-le-film-flamand-dribble-le-cinema-francophone-819283.php)

Le cinéma flamand est donc fin prêt s'affirmer sur la scène internationale, et peut-être même à dépasser leur confrères francophones...Mais avant de penser à franchir les frontières du pays il serait peut-être judicieux de mettre a profit la culture belge des deux côtés de la frontière, si nos salles accueillent autant d'œuvres venues du quatre coins du monde pourquoi garder une tant d'hésitation envers les œuvres nationales? A quand une union des genres?

1. http://www.loftdefilm.be/
2. http://ms.skynet.be/alzheimer/